Blogue des PUQ

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Loi C-32 : un vieux fantôme revient hanter les éditeurs

Jeudi 17 juin 2010

Le ministre de l’Industrie, Tony Clement, et le ministre du Patrimoine canadien, James Moore, annonçaient au début du mois le dépôt du projet de loi C-32, une reprise du projet C-61 qui avait été enterré à l’approche des élections. Si quelques acteurs de l’industrie culturelle se sont exprimés en faveur du projet de loi visant à moderniser la Loi sur le droit d’auteur, dont l’Association des musées canadiens, ce sont surtout les critiques qui fusent de part et d’autres depuis les derniers jours.

L’Association nationale des éditeurs de livres a émis hier un communiqué dénonçant les nouvelles mesures de la loi C-32, en particulier celles concernant l’exception pédagogique. En vertu du principe d’utilisation équitable, la loi permettrait en effet la reproduction intégrale d’œuvres protégées sur tous supports à des fins d’enseignement collectif. Il serait ainsi possible pour un professeur, par exemple, de rendre disponible en ligne un ouvrage complet des Presses de l’Université du Québec pour ses étudiants. Si l’idée paraît favoriser la diffusion des connaissances de prime abord, l’adoption de la loi toucherait durement le milieu de l’édition et conduirait, à moyen terme, à la mort de l’édition scolaire. Ce qui, en théorie, vise à accroître l’accessibilité au matériel pédagogique, viendra, dans les faits, restreindre l’offre.

Nous vous invitons à exprimer votre point de vue sur la question. Nous encourageons surtout nos auteurs à intervenir, car étant pour la plupart à la fois enseignants et créateurs, vous êtes les mieux placés pour commenter le dossier.

Pour enfin retourner le pouvoir de l’éducation aux mains des parents et des enseignants

Lundi 15 mars 2010

De Pierre Demers

Le système scolaire québécois est maintenu sous le joug d’un ministère qui se dit d’éducation mais qui, dans les faits, ne réussit qu’à faire durer une domination qui existe depuis trop longtemps. L’asservissement est total. Depuis longtemps, les enseignants et les parents sont incapables d’exercer quelque contrôle que ce soit sur l’« éducation » de nos jeunes. L’aliénation s’est achevée dès le moment où tout le monde engagé dans ce projet social a perdu la capacité d’imaginer le développement de ces potentiels humains autrement que par une scolarisation de masse.

La confusion dans les termes, qui sert de fondement à tout ce qui suit, est aussi entière. On adapte le sens des mots aux circonstances du moment. On utilise certains termes comme s’ils étaient interchangeables. Par exemple, la scolarisation n’est pas l’instruction ni la socialisation, qui ne veut pas dire l’éducation, qui se situe très loin de toute qualification spécifique. Ces termes – scolarisation, instruction, socialisation, qualification et éducation – sont autant de conceptions différentes de notre action auprès des jeunes. Il est temps de choisir soigneusement notre cible pour cesser de limiter l’expérience scolaire possible. Apprendre s’est asséché, littéralement parlant, de toute quête de sens. Disons-le franchement : la scolarisation et l’instruction de masse ne fonctionnent pas ! Qu’attendons-nous ? Quelle proportion d’élèves décrochés est requise pour apporter les changements nécessaires ? Devrions-nous aussi tenir des statistiques sur ceux et celles qui décrochent dans leur tête ?

Il est grand temps qu’on éduque les parents et les enseignants au fait que l’avenir se joue dans la formation de chaque personne. Il ne s’agit pas de former les êtres humains dans le sens d’accumuler des savoirs à retenir bêtement mais plutôt selon une vision de leur propre développement humain. Le principal défi de la Vie ne consiste pas à se former pour participer à la chaîne de production et consommation, devenue le carcan moderne par excellence. Il réside plutôt dans la pleine réalisation de son potentiel humain qui, parfois, passe par des connaissances formelles.< br/>
Un ministère de l’éducation, du loisir et du sport aussi centralisé qu’au Québec est incapable, même dans ses plus beaux efforts, de considérer le simple fait que chaque jeune qui fréquente nos écoles est différent des autres. Cette prise en compte exigerait des approches personnalisées qui ne peuvent pas être mises de l’avant dans la stratégie de masse courante qui impose les grands groupes, le moule unique et une pédagogie de la bonne réponse qui écrase toute possibilité d’erreur, un moteur majeur dans tout apprentissage.

Le MELS ferait mieux de concentrer ses efforts pour soutenir les enseignants qui travaillent souvent dans des conditions horribles et les parents qui luttent désespérément pour que leurs enfants aient droit à une « éducation » qui respecte leur intégrité et leur authenticité humaine. La fuite en avant de cette grosse machine bureaucratique nous a déjà assez fait souffrir.

Parents et enseignants, unissez-vous autour du projet passionnant de proposer à nos jeunes un cheminement, qui au début viendra de l’extérieur, pour leur indiquer la voie vers leurs propres potentialités. Ensuite, accompagnez-les dans leur démarche personnelle et intime qui les amène à développer leur plein potentiel. Aucun ministère de la scolarisation de masse n’arrivera à accomplir ceci, surtout dans le mépris dont il fait preuve envers vous depuis longtemps. Nous réussirons à élever la conscience humaine de nos jeunes si nous les éduquons. Pour ce faire, il faut d’abord comprendre ce que le mot « éduquer » veut dire.

Pour approfondir votre réflexion, nous vous suggérons la lecture de :
Élever la conscience humaine par l’éducation
de Pierre Demers  (2008)

Communication et droit à l’information vs niqab et burqa

Lundi 8 mars 2010

De Claude Jean Devirieux  

Bien que la Charte canadienne des droits et libertés garantisse la liberté de religion (article 2a), de croyance et d’expression (article 2b) et interdise la discrimination (article 15-1), elle garantit également la sécurité de la personne (article 7). Mais l’article 1 précise que ces droits et libertés peuvent être restreints par une règle de droit si « la justification puisse se démontrer dans le cadre d’une société démocratique ».

Or, l’article 351(2) du Code criminel canadien est formel : « Est coupable d’un acte criminel […] quiconque dans l’intention de commettre un acte criminel, a la figure couverte d’un masque ou enduite de couleur […] ».

Or, on ne peut être sûr ni du sexe des personnes portant le niqab ou la burqa (des hommes rasés de près et ayant enduit leur visage de fond de teint se sont déjà faits passer pour des femmes)  ni de leurs intentions puisqu’on ne peut distinguer les traits et les expressions faciales. Sans parler des attentats commis dans les pays arabes au cours des décennies passées, un hold up a été commis récemment en Europe par des hommes portant la burqa.

En cachant le visage, le port du niqab ou de la burqa interdit toute communication (cf. Pour une communication efficace, pages 21, 39 et suivantes). Bien que n’étant pas mentionné dans la législation fédérale mais étant garanti par l’article 44  de la Charte québécoise des droits et liberté et de plus en plus reconnu par les tribunaux (cf. Manifeste pour le droit à l’information, pages 17 à 27 et 146 à 150), le droit du public à l’information sur autrui est violé.

Pour ces deux raisons, pour ne pas parler de la simple interaction dans une société démocratique normale, la sécurité à la fois psychologique et physique du public est menacée. Donc, en vertu des articles 1 et 7 de la Charte canadienne des droits et libertés et de l’article 351(2) du Code criminel, le port du niqab ou de la burqa est illégal.

Mercredi 17 février 2010

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