Blogue des PUQ

Archives pour le mot-clé ‘éducation’

Apple et l’éducation : iTunes U et iBooks Author

Jeudi 19 janvier 2012

Apple démarre l’année en lion avec la sortie de l’application iTunes U revampée. Les professeurs peuvent créer et gérer des cours à partir de leur iPad, de leur iPhone ou de leur iPod Touch. L’application permet d’établir un plan de cours, d’indiquer les exercices et les lectures à réaliser, d’inclure des présentations vidéo, de partager des documents produits dans Keynote, Page ou Number (logiciel Mac), d’envoyer des messages aux utilisateurs, de tenir des examens… Des cours de grandes universités américaines (Cambridge, Duke, Harvard, Oxford et Stanford) sont déjà disponibles et peuvent être suivis par tous. Et comme les étudiants devront puiser leurs manuels de cours sur l’iBook Store, Apple lance parallèlement l’application pour Mac iBooks Author qui permet de créer des manuels soi-même. Il sort aussi la deuxième version de iBooks (logiciel de lecture de l’iPad) qui est conçue, comme par hasard, pour supporter des livres avec vidéo, animation et modèles 3D.

Laissons les images parler d’elles-mêmes…

Pour les professeurs qui militent pour l’utilisation grandissante des technologies en classe, la solution d’Apple est alléchante. Dans les milieux du livre et du numérique, la réponse semble jusqu’ici positive. Une critique revient cependant souvent : les livres créés dans iBooks Author ne sont pas au format EPUB (la norme actuelle en matière de livre numérique), mais en extension .ibooks, composée de XHTML et de XML. Encore une fois, aussi, les utilisateurs évoluent en environnement fermé (que des applications et des appareils Apple!), ce qui entache un peu la notion de libre accès. Visiblement, Apple n’a pas réponse à tout et nous aurons encore besoin d’éditeurs en 2012!

Plus sérieusement, les Presses de l’Université du Québec ont désormais un département d’édition numérique, dirigé par Bianca Drapeau. Donc, si vous avez des projets de manuel de cours numériques, n’hésitez pas à lui en parler.

Bonne année 2012!

La diversité ethnoculturelle en éducation

Lundi 15 novembre 2010

Pierre Toussaint, professeur au Département d’éducation et pédagogie à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université du Québec à Montréal, nous parle de son ouvrage La diversité ethnoculturelle en éducation, paru au printemps 2010.

Une tablette de style iPad pour les étudiants

Vendredi 8 octobre 2010

Parmi les nombreuses tablettes annoncées qui devraient venir concurrencer le iPad de Apple, la Kno, fait rêver les PUQ. Voici un petit aperçu de cette tablette dessinée pour les étudiants qui devrait voir le jour sous peu, espèrons-le !

Changing Education Forever from Kno Tablet on Vimeo.

Pour enfin retourner le pouvoir de l’éducation aux mains des parents et des enseignants

Lundi 15 mars 2010

De Pierre Demers

Le système scolaire québécois est maintenu sous le joug d’un ministère qui se dit d’éducation mais qui, dans les faits, ne réussit qu’à faire durer une domination qui existe depuis trop longtemps. L’asservissement est total. Depuis longtemps, les enseignants et les parents sont incapables d’exercer quelque contrôle que ce soit sur l’« éducation » de nos jeunes. L’aliénation s’est achevée dès le moment où tout le monde engagé dans ce projet social a perdu la capacité d’imaginer le développement de ces potentiels humains autrement que par une scolarisation de masse.

La confusion dans les termes, qui sert de fondement à tout ce qui suit, est aussi entière. On adapte le sens des mots aux circonstances du moment. On utilise certains termes comme s’ils étaient interchangeables. Par exemple, la scolarisation n’est pas l’instruction ni la socialisation, qui ne veut pas dire l’éducation, qui se situe très loin de toute qualification spécifique. Ces termes – scolarisation, instruction, socialisation, qualification et éducation – sont autant de conceptions différentes de notre action auprès des jeunes. Il est temps de choisir soigneusement notre cible pour cesser de limiter l’expérience scolaire possible. Apprendre s’est asséché, littéralement parlant, de toute quête de sens. Disons-le franchement : la scolarisation et l’instruction de masse ne fonctionnent pas ! Qu’attendons-nous ? Quelle proportion d’élèves décrochés est requise pour apporter les changements nécessaires ? Devrions-nous aussi tenir des statistiques sur ceux et celles qui décrochent dans leur tête ?

Il est grand temps qu’on éduque les parents et les enseignants au fait que l’avenir se joue dans la formation de chaque personne. Il ne s’agit pas de former les êtres humains dans le sens d’accumuler des savoirs à retenir bêtement mais plutôt selon une vision de leur propre développement humain. Le principal défi de la Vie ne consiste pas à se former pour participer à la chaîne de production et consommation, devenue le carcan moderne par excellence. Il réside plutôt dans la pleine réalisation de son potentiel humain qui, parfois, passe par des connaissances formelles.< br/>
Un ministère de l’éducation, du loisir et du sport aussi centralisé qu’au Québec est incapable, même dans ses plus beaux efforts, de considérer le simple fait que chaque jeune qui fréquente nos écoles est différent des autres. Cette prise en compte exigerait des approches personnalisées qui ne peuvent pas être mises de l’avant dans la stratégie de masse courante qui impose les grands groupes, le moule unique et une pédagogie de la bonne réponse qui écrase toute possibilité d’erreur, un moteur majeur dans tout apprentissage.

Le MELS ferait mieux de concentrer ses efforts pour soutenir les enseignants qui travaillent souvent dans des conditions horribles et les parents qui luttent désespérément pour que leurs enfants aient droit à une « éducation » qui respecte leur intégrité et leur authenticité humaine. La fuite en avant de cette grosse machine bureaucratique nous a déjà assez fait souffrir.

Parents et enseignants, unissez-vous autour du projet passionnant de proposer à nos jeunes un cheminement, qui au début viendra de l’extérieur, pour leur indiquer la voie vers leurs propres potentialités. Ensuite, accompagnez-les dans leur démarche personnelle et intime qui les amène à développer leur plein potentiel. Aucun ministère de la scolarisation de masse n’arrivera à accomplir ceci, surtout dans le mépris dont il fait preuve envers vous depuis longtemps. Nous réussirons à élever la conscience humaine de nos jeunes si nous les éduquons. Pour ce faire, il faut d’abord comprendre ce que le mot « éduquer » veut dire.

Pour approfondir votre réflexion, nous vous suggérons la lecture de :
Élever la conscience humaine par l’éducation
de Pierre Demers  (2008)