Blogue des PUQ

Archives pour le mot-clé ‘réflexions’

Un livre pour emporter svp!

Mardi 31 août 2010

Après les librairies Blackwell à Londres et la chaîne australienne Angus & Robertson, c’est au tour de la librairie new-yorkaise McNally Jackson de se doter de l’Espresso Book Machine. Pour ceux qui n’en auraient pas encore entendu parler, il s’agit, littéralement, d’une machine à fabriquer des livres. Elle peut imprimer un livre de 300 pages, couverture comprise, en moins de 4 minutes.

En raison de son prix (97 500 $ US), il n’y a actuellement que 26 machines en opération à travers le monde si on se fie au site du fabriquant, mais une dizaine s’ajouteront au courant de 2010. Actuellement, le système est essentiellement implanté dans les bibliothèques universitaires. Au Québec, la bibliothèque de l’Université McGill en possède une, qui leur permet non seulement de donner facilement accès aux ouvrages de leur collection de livres rares, mais aussi à ceux qui ne se retrouvent pas sur leurs rayons. Toutefois, de voir des librairies comme McNally Jackson se doter d’une telle machine nous fait entrevoir un futur renversement de la chaîne du livre. Plutôt que d’imprimer des centaines d’exemplaires d’un ouvrage pour ensuite tenter de les écouler auprès des consommateurs, un éditeur pourrait rendre disponible un fichier pdf que les libraires utiliseraient pour imprimer le livre à la demande. Oubliez le pilonnage des invendus ! Pour les libraires, cela représente la possibilité d’offrir un catalogue de titres qui n’est pas limité par leur capacité d’entreposage.

Une bien belle technologie donc que cette Espresso Book Machine qui n’a pas mérité pour rien le titre d’invention de l’année par le magazine Times en 2007.

L’effet placebo : le pouvoir de la pilule vide

Lundi 7 juin 2010

De Amnon Jacob Suissa

Durant la deuxième guerre mondiale, une infirmière qui assistait un anesthésiste du nom de Henry Beecher réalise que le stock de morphine est vide. Traitant un soldat blessé, elle le rassure en lui disant qu’il recevra une injection d’anti douleurs. Dans les faits, elle lui injecta de l’eau salée. De manière surprenante, ce rituel d’injection soulagea l’agonie dans laquelle le soldat était plongé, prévenant ainsi un choc. De retour à Harvard, Beecher écrivit un article sur l’effet placebo qui fit sensation.

Effet psychophysiologique, le placebo correspond à la confiance qu’attribue le participant au produit. Il est généralement présenté au patient comme « efficace » alors qu’il est dénué de principe actif. Un chercheur italien, Fabrizio Benedetti de l’Université de Turin, a depuis longtemps dénoncé l’industrie pharmaceutique qui reléguait cette réalité à un trait psychologique du sujet en démontrant que l’effet placebo avait des fondements neurologiques, le cerveau produisant ses propres substances analgésiques : les opioïdes et les endorphines. Comme avec les casinos, force est de reconnaître que la finalité première des compagnies pharmaceutiques est d’abord et avant tout le profit. Ainsi, on peut mieux comprendre l’absence d’acteurs prêts à s’engager dans le financement d’études en lien avec le placebo. Or, il est temps de considérer les réalités subjectives que sont la conscience et l’esprit dans notre rapport avec les médicaments.

Amnon Jacob Suissa est l’auteur de plusieurs articles et ouvrages scientifiques sur le processus de médicalisation des comportements compris comme des pathologies, notamment Le monde des AA (2009).

Pour enfin retourner le pouvoir de l’éducation aux mains des parents et des enseignants

Lundi 15 mars 2010

De Pierre Demers

Le système scolaire québécois est maintenu sous le joug d’un ministère qui se dit d’éducation mais qui, dans les faits, ne réussit qu’à faire durer une domination qui existe depuis trop longtemps. L’asservissement est total. Depuis longtemps, les enseignants et les parents sont incapables d’exercer quelque contrôle que ce soit sur l’« éducation » de nos jeunes. L’aliénation s’est achevée dès le moment où tout le monde engagé dans ce projet social a perdu la capacité d’imaginer le développement de ces potentiels humains autrement que par une scolarisation de masse.

La confusion dans les termes, qui sert de fondement à tout ce qui suit, est aussi entière. On adapte le sens des mots aux circonstances du moment. On utilise certains termes comme s’ils étaient interchangeables. Par exemple, la scolarisation n’est pas l’instruction ni la socialisation, qui ne veut pas dire l’éducation, qui se situe très loin de toute qualification spécifique. Ces termes – scolarisation, instruction, socialisation, qualification et éducation – sont autant de conceptions différentes de notre action auprès des jeunes. Il est temps de choisir soigneusement notre cible pour cesser de limiter l’expérience scolaire possible. Apprendre s’est asséché, littéralement parlant, de toute quête de sens. Disons-le franchement : la scolarisation et l’instruction de masse ne fonctionnent pas ! Qu’attendons-nous ? Quelle proportion d’élèves décrochés est requise pour apporter les changements nécessaires ? Devrions-nous aussi tenir des statistiques sur ceux et celles qui décrochent dans leur tête ?

Il est grand temps qu’on éduque les parents et les enseignants au fait que l’avenir se joue dans la formation de chaque personne. Il ne s’agit pas de former les êtres humains dans le sens d’accumuler des savoirs à retenir bêtement mais plutôt selon une vision de leur propre développement humain. Le principal défi de la Vie ne consiste pas à se former pour participer à la chaîne de production et consommation, devenue le carcan moderne par excellence. Il réside plutôt dans la pleine réalisation de son potentiel humain qui, parfois, passe par des connaissances formelles.< br/>
Un ministère de l’éducation, du loisir et du sport aussi centralisé qu’au Québec est incapable, même dans ses plus beaux efforts, de considérer le simple fait que chaque jeune qui fréquente nos écoles est différent des autres. Cette prise en compte exigerait des approches personnalisées qui ne peuvent pas être mises de l’avant dans la stratégie de masse courante qui impose les grands groupes, le moule unique et une pédagogie de la bonne réponse qui écrase toute possibilité d’erreur, un moteur majeur dans tout apprentissage.

Le MELS ferait mieux de concentrer ses efforts pour soutenir les enseignants qui travaillent souvent dans des conditions horribles et les parents qui luttent désespérément pour que leurs enfants aient droit à une « éducation » qui respecte leur intégrité et leur authenticité humaine. La fuite en avant de cette grosse machine bureaucratique nous a déjà assez fait souffrir.

Parents et enseignants, unissez-vous autour du projet passionnant de proposer à nos jeunes un cheminement, qui au début viendra de l’extérieur, pour leur indiquer la voie vers leurs propres potentialités. Ensuite, accompagnez-les dans leur démarche personnelle et intime qui les amène à développer leur plein potentiel. Aucun ministère de la scolarisation de masse n’arrivera à accomplir ceci, surtout dans le mépris dont il fait preuve envers vous depuis longtemps. Nous réussirons à élever la conscience humaine de nos jeunes si nous les éduquons. Pour ce faire, il faut d’abord comprendre ce que le mot « éduquer » veut dire.

Pour approfondir votre réflexion, nous vous suggérons la lecture de :
Élever la conscience humaine par l’éducation
de Pierre Demers  (2008)

Chile’s and Haiti’s Earthquakes Impact on Urban Growth

Lundi 1 mars 2010

De Luc-Normand Tellier

Will the long-run growth of Port-au-Prince, Haiti, and Santiago, Chile, be affected by the major recent earthquakes?

Throughout urban world history, wars, volcano eruptions, atom bombs, fires and earthquakes have destroyed cities. Pompeii did not survive the eruption of the Vesuvius volcano in AD 79, and Saint-Pierre, Martinique, did not really recover from the eruption of Mount Pelé in 1902.

But, Chicago came out stronger than ever from the Great Fire of 1871. Some economists have even attempted to demonstrate that, fifty years after received atomic bombs, Hiroshima and Nagasaki were probably as developed economically as if there had been no bombing. In fact, most of the time, world urban development trends are stronger than catastrophes.

Pour approfondir votre réflexion, nous vous suggérons la lecture de :
Urban World History : An Economic and Geographical Perspective de Luc-Normand Tellier (2009)

Mercredi 17 février 2010

Bienvenue dans le blogue des Presses de l’Université du Québec !

Vous trouverez ici des réflexions, des idées, des débats.

Au plaisir de vous lire !

L’équipe des Presses