Regards croisés sur les images scientifiques
Éditeur
Université du Québec à Chicoutimi
Les images, au sens le plus courant du terme, sont omniprésentes dans l’activité scientifique, tant lors des phases de production des données expérimentales que lors des phases de présentation des résultats, sous forme de communications dans des colloques ou de publications destinées à des profanes ou à des spécialistes du domaine de recherche concerné.
Lorsqu’on inventorie les différents types de métadiscours auxquels les images scientifiques ont donné lieu depuis quelques décennies, on trouve avant tout de nombreux travaux d’historiens ou de socio-historiens et des travaux de sociologues. Ces travaux se révèlent précieux, mais ils n’intègrent que très rarement une réflexion à caractère sémiotique dans leur analyse des visuels en science. Parallèlement, les sémioticiens eux-mêmes se sont assez peu penchés sur ces constructions signifiantes créées et manipulées par les scientifiques, à quelques exceptions près. Ainsi, les images scientifiques et les processus de signification dont elles sont les véhicules constituent un domaine d’investigation encore largement inexploré dans le champ des études sémiotiques, qui ont privilégié d’autres types d’objets, parmi lesquels on peut compter les uvres d’art picturales et les illustrations diffusées au sein de ce qu’il est parfois convenu d’appeler l’industrie culturelle de masse. Parmi les raisons de cette désaffection de la part des sémioticiens, on compte le fait que l’interprétation des images scientifiques ne peut être dissociée des dispositifs techniques permettant de les produire. Il est en effet difficilement envisageable de déconnecter ces signes de leurs processus de production et d’utilisation, sous peine de perdre ce qui constitue la spécificité de la relation aux différents aspects du réel qu’ils sont censés représenter ou modéliser.
2009, 132 pages, PRO3703
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