Nicole Brossard
Sous la direction de
Éditeur
Université du Québec à Montréal
«Le fait est singulier : riche d’une trentaine de titres, le versant poétique de l’œuvre de Nicole Brossard, auquel ce dossier de Voix et images est exclusivement consacré, a été somme toute peu étudié. Pourtant, poète, Nicole Brossard l’est depuis près de cinq décennies. La poésie est chez elle le genre premier, véritable creuset d’une identité littéraire. En témoignent les circonstances entourant sa venue à l’écriture, alors que les premiers textes versent d’emblée du côté du poétique. "J’ai la poésie plantée au ventre et au cœur", annonce-t-elle dans Aube à la saison (1965), recueil inaugural qui n’est pas sans évoquer l’imaginaire langagier du Mystère de la parole d’Anne Hébert. Il n’est d’ailleurs pas tout à fait innocent que l’œuvre de Nicole Brossard, comme celle d’Hébert, procède d’une tension entre vers et prose ainsi que d’une mobilité et d’un éclatement génériques, dont la pierre angulaire paraît être l’insertion du poétique dans le romanesque. En effet, s’il faut souligner la remarquable continuité de la pratique du poème de Brossard, qui s’inscrit dans la durée comme peu d’œuvres poétiques l’ont fait au Québec, on ne saurait trop insister sur le fait que la poésie - comme forme, fragment ou motif – essaime dans la plupart des romans, théories-fictions et « textes » moins aisément classables qu’elle publie au fil des décennies. Ainsi que Nicole Brossard le confie en 1984 dans Journal intime : "La poésie, j’y reviens, elle ne me quitte jamais. C’est tout à fait mon genre. En elle et par elle, je me médite dans l’exubérance."»
2012, 216 pages, vei3703
©2010 - Tous droits réservés
Réalisation : iXmédia