Les mémorialistes québécois du XIXe siècle
Éditeur
Université du Québec à Montréal
On le sait, l'une des grandes ambitions de la littérature québécoise du XIXe siècle aura été de conjoindre histoire et littérature pour offrir un démenti au rapport Durham et montrer que ce peuple avait bien une histoire comme l'illustrait sa littérature. On a moins vu cependant l'exceptionnelle richesse des Mémoires dans ce projet littéraire, un genre dont le principal intérêt était sans doute de mettre à distance autant la tentation du grand discours historiographique universel que celle du récit de soi subjectiviste et solipsiste. En recueillant l'héritage de l'Ancien Régime français, les mémorialistes québécois du XIXe siècle se sont inscrits dans la grande marche de l'Histoire, telle que n'ont cessé de la magnifier les historiens de ce siècle, depuis Michelet jusqu'à Garneau. De cette heureuse et subtile tension entre histoire et littérature, entre public et privé, entre récupération idéologique et affirmation de sa différence et de sa subjectivité, les Mémoires constituent assurément l'une des plus belles réussites de notre patrimoine littéraire du XIXe siècle.
Les contributions de ce dossier cherchent à mettre en évidence les différents jalons de la constitution du genre, en définissant l'horizon d'attente sur lequel se fonde chacun de ces texte, mais aussi la définition implicite du genre qu'ils mettent en œuvre et de la place qu'ils lui assignent dans la nébuleuse des genres historiques et autobiographiques. À quels traits reconnaît-on le genre des Mémoires aux yeux de celle et de ceux qui le pratiquaient alors ? La réponse est aussi riche que variée, puisqu'il y a alors autant d'avatars du genre des Mémoires qu'il y a de mémorialistes.
2010, 192 pages, VEI3503
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