Après les librairies Blackwell à Londres et la chaîne australienne Angus & Robertson, c’est au tour de la librairie new-yorkaise McNally Jackson de se doter de l’Espresso Book Machine. Pour ceux qui n’en auraient pas encore entendu parler, il s’agit, littéralement, d’une machine à fabriquer des livres. Elle peut imprimer un livre de 300 pages, couverture comprise, en moins de 4 minutes.
En raison de son prix (97 500 $ US), il n’y a actuellement que 26 machines en opération à travers le monde si on se fie au site du fabriquant, mais une dizaine s’ajouteront au courant de 2010. Actuellement, le système est essentiellement implanté dans les bibliothèques universitaires. Au Québec, la bibliothèque de l’Université McGill en possède une, qui leur permet non seulement de donner facilement accès aux ouvrages de leur collection de livres rares, mais aussi à ceux qui ne se retrouvent pas sur leurs rayons. Toutefois, de voir des librairies comme McNally Jackson se doter d’une telle machine nous fait entrevoir un futur renversement de la chaîne du livre. Plutôt que d’imprimer des centaines d’exemplaires d’un ouvrage pour ensuite tenter de les écouler auprès des consommateurs, un éditeur pourrait rendre disponible un fichier pdf que les libraires utiliseraient pour imprimer le livre à la demande. Oubliez le pilonnage des invendus ! Pour les libraires, cela représente la possibilité d’offrir un catalogue de titres qui n’est pas limité par leur capacité d’entreposage.
Une bien belle technologie donc que cette Espresso Book Machine qui n’a pas mérité pour rien le titre d’invention de l’année par le magazine Times en 2007.
La librairie Numilog vient de lancer une application iPhone permettant l’achat des livres numériques de son catalogue. L’application comporte plusieurs fonctionnalités pratiques comme le surlignage, l’ajout de notes et la recherche de passage. Une version pour le iPad sera produite ultérieurement.
Bien qu’une partie des titres numériques des PUQ soient en vente sur le site Internet de Numilog, ils ne se retrouvent pas encore dans leur sélection « compatible iPhone ». Seuls les livres en format ePub ont en effet été rendus disponibles par Numilog, alors que nos livres électroniques ne sont, pour le moment, qu’en format PDF. Nous disons bien pour le moment, car nous vous annonçons en primeur que nous venons d’entreprendre cet été la numérisation de nos titres en ePub, ce qui devrait porter le compte à 300 ouvrages d’ici décembre.
Comme il est question du livre numérique, nous en profitons pour mettre des liens vers deux études françaises fort complètes sur le sujet. La première porte sur l’offre numérique en France, tant légale qu’illégale. La seconde dresse le protrait du marché du livre électronique en France, tout en faisant le point sur certains modèles économiques étrangers, dont ceux de l’Allemagne et du Japon.
Le Conseil des Arts du Canada annonçait cette semaine la bonification du Programme national de traduction pour l’édition du livre. 4,25 M$ seront versés sur trois ans aux éditeurs du pays pour la traduction d’oeuvres canadiennes vers le français ou l’anglais. Cet investissement permettra notamment la mise en branle de trois projets pilotes destinés à améliorer la qualité des traductions. Les éditeurs pourront ainsi solliciter une aide pour acquitter 75 % des honoraires d’un réviseur bilingue. Il leur sera aussi possible de réclamer jusqu’à 1500 $ en honoraires de lecture pour l’évaluation du potentiel de traduction d’un titre. Enfin, une Foire pour la vente des droits de traduction sera organisée par le Conseil afin de stimuler la création de liens entre les éditeurs francophones et anglophones et, de ce fait, augmenter l’acquisition et la vente des droits de traduction canadiens.
L’arrivée du iPad sur le marché et la guerre des prix qu’ont ensuite livrée Amazon, Sony et Barnes & Noble, les principaux concurrents d’Apple, ont eu raison de deux fabriquants de liseuses en Europe. La jeune compagnie britannique Interead, qui produisait le Cool-Er, le lecteur de livres numériques le moins coûteux sur le marché, vient d’être mise en liquidation. Cet évènement provient seulement un mois après la déroute de l’entreprise néerlandaise iRex Technologies, survenue en raison du lancement raté sur le marché américain de son iRex DR800SG, une liseuse destinée à un public profesionnel. On peut s’attendre à ce que d’autres compagnies connaissent des difficultés jusqu’à ce que le marché des liseuses se rééquilibre à la suite du lancement du iPad.
L’Observatoire de la Culture et des communications du Québec (OCCQ) a récemment révélé ses statistiques concernant les ventes de livre au Québec en 2008. Résultat : les éditeurs québécois maintiennent leurs parts de marché par rapport à 2007, soit 53 %, mais enregistre tout de même une diminution de leurs ventes, passant de 393 M$ à 380 M$. Les parts de marché de l’édition scolaire ont augmenté de 2 points, passant de 93 % en 2007 à 95 % en 2008, même si les ventes de livres scolaires ont dans les faits diminué de 5,9 %, contrairement à celles des livres de littérature générale qui n’ont reculé que de 1,8 % tout en conservant les mêmes parts de marché qu’en 2007.
En somme, en termes de chiffre de ventes, 2008 est une année quelque peu décevante, les ventes de livres sur le marché québécois affichant une baisse générale de 3,9 %. Cependant, le maintien des parts de marché indique tout de même la vitalité du milieu de l’édition québécoise.
Le ministre de l’Industrie, Tony Clement, et le ministre du Patrimoine canadien, James Moore, annonçaient au début du mois le dépôt du projet de loi C-32, une reprise du projet C-61 qui avait été enterré à l’approche des élections. Si quelques acteurs de l’industrie culturelle se sont exprimés en faveur du projet de loi visant à moderniser la Loi sur le droit d’auteur, dont l’Association des musées canadiens, ce sont surtout les critiques qui fusent de part et d’autres depuis les derniers jours.
L’Association nationale des éditeurs de livres a émis hier un communiqué dénonçant les nouvelles mesures de la loi C-32, en particulier celles concernant l’exception pédagogique. En vertu du principe d’utilisation équitable, la loi permettrait en effet la reproduction intégrale d’œuvres protégées sur tous supports à des fins d’enseignement collectif. Il serait ainsi possible pour un professeur, par exemple, de rendre disponible en ligne un ouvrage complet des Presses de l’Université du Québec pour ses étudiants. Si l’idée paraît favoriser la diffusion des connaissances de prime abord, l’adoption de la loi toucherait durement le milieu de l’édition et conduirait, à moyen terme, à la mort de l’édition scolaire. Ce qui, en théorie, vise à accroître l’accessibilité au matériel pédagogique, viendra, dans les faits, restreindre l’offre.
Nous vous invitons à exprimer votre point de vue sur la question. Nous encourageons surtout nos auteurs à intervenir, car étant pour la plupart à la fois enseignants et créateurs, vous êtes les mieux placés pour commenter le dossier.
Durant la deuxième guerre mondiale, une infirmière qui assistait un anesthésiste du nom de Henry Beecher réalise que le stock de morphine est vide. Traitant un soldat blessé, elle le rassure en lui disant qu’il recevra une injection d’anti douleurs. Dans les faits, elle lui injecta de l’eau salée. De manière surprenante, ce rituel d’injection soulagea l’agonie dans laquelle le soldat était plongé, prévenant ainsi un choc. De retour à Harvard, Beecher écrivit un article sur l’effet placebo qui fit sensation.
Effet psychophysiologique, le placebo correspond à la confiance qu’attribue le participant au produit. Il est généralement présenté au patient comme « efficace » alors qu’il est dénué de principe actif. Un chercheur italien, Fabrizio Benedetti de l’Université de Turin, a depuis longtemps dénoncé l’industrie pharmaceutique qui reléguait cette réalité à un trait psychologique du sujet en démontrant que l’effet placebo avait des fondements neurologiques, le cerveau produisant ses propres substances analgésiques : les opioïdes et les endorphines. Comme avec les casinos, force est de reconnaître que la finalité première des compagnies pharmaceutiques est d’abord et avant tout le profit. Ainsi, on peut mieux comprendre l’absence d’acteurs prêts à s’engager dans le financement d’études en lien avec le placebo. Or, il est temps de considérer les réalités subjectives que sont la conscience et l’esprit dans notre rapport avec les médicaments.
Amnon Jacob Suissa est l’auteur de plusieurs articles et ouvrages scientifiques sur le processus de médicalisation des comportements compris comme des pathologies, notamment Le monde des AA (2009).
De Marque et l’Association nationale des éditeurs de livres ont remporté deux OCTAS pour leur agrégateur de livres numériques, dont l’OCTAS de l’Excellence, la plus haute distinction décernée pendant le gala de samedi dernier. Cette plateforme de distribution se positionne petit à petit comme un modèle dans le monde. De grands groupes d’édition français – Gallimard, La Martinière et Flammarion – et italiens – Feltrinelli, Messaggerie Italiane/GEMS et RCS/Rizzoli – l’ont récemment adoptée.
Un nouveau joueur fait son entrée aujourd’hui sur le marché canadien : le fameux iPad d’Apple. Combinant les fonctionnalités d’un ordinateur portatif à celles d’un livrel, il se positionne comme un concurrent majeur des Kindle, Sony Reader et autres lecteurs de livres numériques de ce monde. La possibilité de prendre ses courriels, de tenir son agenda, de jouer à des jeux, de visualiser ses photos et d’écouter des films, en plus de pouvoir feuilleter ses livres préférés en format numérique, a en effet de quoi séduire.
D’autant plus que, au même moment, De Marque annonce la création d’une application iPad gratuite, « La hutte », permettant de faire l’achat de livres numériques québécois et francophones (elle sera disponible au début de la semaine prochaine). Actuellement, le site des Librairies indépendantes du Québec, livresquebecois.com, est le premier à être lié à l’application, mais le système est ouvert à toutes les librairies en ligne qui souhaiteront s’ajouter. Près de 500 titres des Presses de l’Université du Québec pourront ainsi se lire sur l’iPad.
Avec ses 700 g cependant, contrairement à 289 g pour le Kindle et 280 g pour le Sony Reader, le iPad est assez lourd pour un livrel. De plus, l’écran rétro éclairé de l’iPad risque de fatiguer davantage l’œil que l’encre électronique utilisée par ses compétiteurs. Seul l’avenir nous révèlera quels lecteurs électroniques les usagers préfèreront. De notre côté, plus les supports se multiplient, plus nous sommes gagnants.
Il est maintenant possible de consulter en ligne des extraits de près de 1 200 publications à partir du catalogue Astrolabe du Réseau des bibliothèques de la Ville de Québec.
Quelles sont les publications disponibles? Toutes celles dont une version numérique a été déposée sur l’agrégateur ANEL-De Marque, dont des centaines de titres des Presses de l’Université du Québec. Il suffit de cliquer sur le lien « Feuilletage » au bas de la fiche bibliographique des livres pour y accéder.
Cette nouvelle fonctionnalité promet. Qui ne s’est jamais déplacé à la bibliothèque pour consulter un livre à première vue intéressant, pour finalement se rendre compte, en survolant la table des matières et l’introduction, qu’il ne lui était d’aucune utilité? Pouvoir feuilleter les ouvrages en ligne fera sans doute gagner beaucoup de temps aux usagers. Aussi, nous avons bon espoir que cette pratique s’étende à d’autres réseaux de bibliothèques. À suivre…