Blogue des PUQ

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27 février 2015

Offre d’emploi

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Offre d’emploi : graphiste

Fonction principale : graphiste/illustrateur/infographe

Zone géographique : Québec, ville de Québec

Type de poste : permanent

Durée : probation de 12 mois et permanence

Date de début : 11 mai 2015

Taux horaire : à discuter

DESCRIPTION DU POSTE
Sous la responsabilité de la directrice de production et en collégialité avec un graphiste, la personne effectuera les tâches suivantes :
- Conception de pages couvertures de livres
- Conception de grilles de mise en pages de livres
- Mise en pages de certains livres
- Préparation de documents finaux pour impression
- Archivage de dossiers de livres
- Production de matériel publicitaire
- Préparation de documents pour vente en ligne
- Amélioration de figures dans les manuscrits

EXIGENCES
5 ans d’expérience et plus
BAC en graphisme
Travailler sur environnement MAC
Suite ADOBE (Indesign, Photoshop…)
Production ePub

COMPÉTENCES RECHERCHÉES
Créativité et proaction
Autonomie et sens de l’organisation
Capacité de travailler sur plusieurs projets

DESCRIPTION DE L’ENTREPRISE
Les Presses de l’Université du Québec sont une maison d’édition qui a pour mission de diffuser la connaissance issue de la recherche et de l’enseignement universitaire par la mise en œuvre de projets d’édition tant traditionnels qu’électroniques.

Prière d’envoyer votre candidature et votre portfolio avant le 13 mars 2015 à puq@puq.ca.

Seuls les candidats retenus pour une entrevue seront contactés.

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L'univers du livre numérique, Monde de l'édition

4 février 2015

Le livre numérique, une simple reproduction à l’écran du livre papier?

Un livre reste fondamentalement un livre : un assemblage de signes destinés à être lus. Cela ne signifie pas pour autant qu’il faut banaliser le livre numérique ; en effet, ce dernier se distingue de son acolyte en papier et demande ainsi une redéfinition de ses étapes de production. Ce billet a pour objectif de décrire les différentes natures du livre numérique et de distinguer les supports numériques sur lesquels on peut les consulter.

La nature du produit

On peut attribuer deux natures au livre numérique. La première, dite homothétique, consiste en la version numérique d’un livre papier. En d’autres termes, c’est une reproduction à l’identique du livre papier sur un support numérique, généralement en format PDF ou ePub.

La différence entre le format PDF et le format ePub réside essentiellement dans la manière dont la mise en page du livre est « générée ». Dans un PDF, la mise en page du livre est fixe et ne se modifie pas, peu importe sur quel support on le lit (ordinateur, tablette, liseuse ou iPhone). La mise en page du livre en ePub est quant à elle fluide et s’adapte facilement à l’écran de lecture. On peut, entre autres, modifier la taille et la police de caractères, ce qui rend la lecture plus agréable sur un iPhone par exemple. Toutefois, la mise en page modifiée entraîne forcément des changements dans la pagination, ce qui implique un ajustement dans les usages. Par exemple, un professeur devra orienter ses étudiants en les référant aux sections d’un texte plutôt qu’en utilisant des numéros de pages. Il faut aussi noter que l’ePub est généralement privilégié pour un texte ne contenant pas ou que très peu d’images, puisque celles-ci entraînent des ruptures peu harmonieuses dans l’affichage du texte. Le format PDF ne présente pas ces problèmes, mais est plus statique et restreint à une façon de lire plus « rigide ». Une courte vidéo trouvée sur YouTube nous permet de visualiser aisément les différences entre ces deux formats.

Ainsi le lecteur peut choisir quel format du livre se procurer en fonction du support de lecture dont il dispose (ordinateur, tablette, liseuse, téléphone intelligent). Toutefois, on s’en doute, le livre numérique offre un plus large éventail de possibilités du point de vue de l’intégration de contenu complémentaire comparativement à la version papier.

Un contenu qui va au-delà du texte

Icone numLa seconde nature du livre numérique est purement… numérique! En effet, plusieurs livres numériques enrichis ne sont conçus que pour être lus sur une tablette, une liseuse, un téléphone intelligent ou un ordinateur. Ce type de livres n’est pas imprimé et n’est pas conçu pour le support papier. Pourquoi? Parce qu’ils permettent aux auteurs non seulement d’inviter les lecteurs à consulter tel site Internet ou telle vidéo, mais d’intégrer ces éléments à la lecture. Hyperliens, bandes sonores, musique, boîtes de saisie de texte, etc. : un grand nombre d’éléments peuvent permettre de créer un livre au contenu enrichi, dynamique et parfois interactif, que l’on nomme PDF multiplateforme ou enrichi.

Depuis quelques années, les Presses de l’Université du Québec (PUQ) ont publié quelques livres enrichis. Le manuel de cours bénéficie grandement du format PDF multiplateforme pour la démonstration de matière technique par le biais de vidéos (pour montrer une intervention pratique dans un contexte précis, par exemple) et pour la saisie de texte par le lecteur (pour répondre à des questions, entre autres). Récemment paru aux PUQ, le PDF multiplateforme Introduction à la gestion des opérations comporte ces commodités. Un grand nombre d’éléments interactifs et médiatiques ponctuent l’ouvrage et de nombreux liens permettent d’accéder à des contenus complémentaires disponibles sur le Web.

Qu’il consiste en la reproduction à l’écran d’un livre papier ou qu’il soit uniquement accessible sur support électronique, le livre numérique change incontestablement les habitudes du lecteur et, plus encore, exige que l’éditeur repense les étapes de production.

En effet, il faut savoir que la production de la version numérique d’un livre papier ne se réalise pas en un clic. Plusieurs étapes de production et de distribution s’ajoutent afin d’optimiser l’expérience du lecteur. Nous aborderons ces questions dans un prochain billet.

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9 décembre 2014

Les bourses d’excellence des PUQ

Bourses d'excellence des PUQ

En 2015, le concours Chercheur-auteur de la relève laisse la place à la remise de deux bourses d’excellence d’une valeur de 5 000 $ chacune.

Objectif des bourses

Ces bourses ont pour but de soutenir les étudiants aux cycles supérieurs et de les encourager à viser l’excellence scolaire et à contribuer à l’avancement de la recherche pendant la réalisation de leur mémoire ou de leur thèse. Ces bourses aident également la préparation des étudiants à l’exercice de la publication universitaire, pratique incontournable dans le monde de la recherche.

Dossier d’excellence

Les étudiants qui poseront leur candidature pour la bourse des PUQ devront, parmi les documents à fournir via la plateforme de la Fondation de l’Université du Québec, soumettre un texte de deux pages expliquant pourquoi leur recherche pourrait faire l’objet d’une publication, en quoi cette publication se démarquerait et à quel public elle s’adresserait. Ils doivent également soumettre un texte de quatrième de couverture.

Les lauréats seront ceux qui afficheront le meilleur dossier scolaire accompagné du projet le plus convaincant.

Critère d’admissibilité et règles d’utilisation

Au moment de l’obtention de sa bourse, l’étudiant doit être inscrit à temps complet à un programme de maîtrise ou de doctorat dans une des universités du réseau de l’Université du Québec et doit prévoir continuer le projet pour lequel la bourse a été obtenue.

Constitution du dossier de candidature

L’étudiant doit se rendre sur le site de la Fondation de l’Université du Québec et suivre les indications fournies dans la section « Préparer sa demande en 4 étapes! ». Il doit joindre aux formulaires requis les deux documents suivants :

1) un texte de deux pages expliquant pourquoi sa recherche pourrait faire l’objet d’une publication et en quoi cette dernière s’arrimerait à la mission des PUQ, qui est de mettre en œuvre des projets d’édition favorisant une meilleure diffusion des connaissances. Le projet doit ainsi se distinguer par sa clarté et son accessibilité, quel que soit le sujet traité. Le projet de publication doit également présenter un potentiel de rayonnement dans la discipline s’y rattachant ;

2) un texte de quatrième de couverture de l’éventuel livre issu de la recherche dans lequel se dégage la clarté et l’accessibilité du propos.

Les dossiers incomplets ne seront pas transmis aux comités de sélection.

La date limite du concours est le 1er février 2015.

Langue de présentation du dossier de candidature

Toutes les pièces du dossier doivent être rédigées en français.

Critères de sélection

- Excellence du dossier scolaire.
- Pertinence du projet par rapport à la mission des PUQ, qui est de mettre en œuvre des projets d’édition favorisant une meilleure diffusion des connaissances.
- Clarté et accessibilité du sujet traité.
- Potentiel de rayonnement du projet de publication dans la discipline s’y rattachant.
- Qualité scientifique et rigueur de la recherche.

Mode de sélection

L’examen des dossiers sera assuré par les membres du jury qui attribuent les bourses.

Événements

4 novembre 2014

Salon du livre de Montréal 2014

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Les PUQ seront au Salon du livre de Montréal, qui se déroule du 19 au 24 novembre, à la Place Bonaventure.

Passez nous voir au stand 300 sous le chapiteau Prologue.

Au plaisir de vous y rencontrer!

Un plan des lieux est disponible ici.

 

Activité au Salon du livre de Montréal 2014

Les PUQ sont heureuses de vous convier à la table ronde
« Les défis québécois – Réfléchir à ce Québec que nous devons renouveler collectivement ».

Robert Bernier, directeur du livre Les défis québécois, et quelques collaborateurs à cet ouvrage, dont Isabelle Lacroix, Marcelin Joanis, Jean-Louis Denis et Yves Boisvert, réfléchissent à ce Québec que nous devons renouveler et tentent de comprendre comment rompre avec certains automatismes qui ont conduit à l’essoufflement de nos services publics. Animation : Christian Dufour

Date : Samedi 22 novembre 2014
Lieu : Salon du livre de Montréal, Place Bonaventure, Espace Archambault
Heure : 17h30 à 18h15

À propos du livre Les défis québécois
Nous invitant à réfléchir à ce Québec que nous devons renouveler collectivement, cet ouvrage présente des analyses et des recommandations en matière d’administration publique, d’économie et de société. On y traite de la gestion et de la budgétisation de l’État, de la dette publique et de la fiscalité, mais aussi d’éducation, de santé, d’éthique, d’environnement, d’innovation technologique, d’ordre public, de soutien agricole, de politique internationale, d’immigration, etc.

Plus d’informations concernant les frais d’admission au Salon du livre de Montréal et le lieu de l’événement sont disponibles ici.

Monde de l'édition

15 octobre 2014

Le roman Le harpon du chasseur traduit en hindi et en marathi

Texte de Jean-François Ducharme tiré du site Actualités UQAM

3088-CouvertDes millions d’Indiens auront bientôt accès à un roman phare de la culture du Grand Nord québécois. Vidya Vencatesen, directrice du Département de français de l’Université de Mumbai, en Inde, fera traduire un roman inuit dans deux langues indiennes, le hindi – la langue la plus parlée avec 460 millions de locuteurs – et le Marathi – parlée par 72 millions de personnes.

Ce livre, Le harpon du chasseur, écrit en 1969 par Markoosie, est en fait le premier roman inuit au Canada. En 2011, les Presses de l’Université du Québec ont fait traduire ce livre en français en y ajoutant une introduction de Daniel Chartier, professeur au Département d’études littéraires et directeur du Laboratoire international d’étude multidisciplinaire comparée des représentations du Nord. Vidya Vencatesen a pris connaissance de ce roman en 2013, lors d’une visite au Centre de recherche sur la littérature et la culture québécoises (CRILCQ) de l’UQAM, dirigé à l’époque par Daniel Chartier.

L’article complet est disponible sur le site Actualités UQAM.

Communiqués

1 octobre 2014

Parution du livre Histoires d’immigrations au Québec – Sous la direction de Guy Berthiaume, Claude Corbo et Sophie Montreuil

Histoires d'immigrations au Québec

QUÉBEC, le 1er oct. 2014 - Afin d’inscrire les nouveaux arrivants dans notre mémoire collective, 14 histoires s’enchaînent selon les grandes vagues d’immigration qui ont transformé le tissu humain du Québec, du milieu du XIXe siècle à nos jours.

Partez à la rencontre de 14 communautés culturelles – écossaise, irlandaise, italienne, juive yiddishophone, polonaise, juive sépharade, grecque, portugaise, haïtienne, latino-américaine, asiatique du Sud-Est, libanaise, subsaharienne et maghrébine – qui ont construit le Québec, et Montréal en particulier. Chaque récit historique est accompagné d’extraits du témoignage d’un membre de la communauté concernée, dont l’ancien premier ministre Pierre Marc Johnson et les artistes Kim Thúy, Bernard Adamus et Lynda Thalie. Pour rendre le portrait encore plus vivant, une riche iconographie des quartiers et des édifices où se sont rassemblées les communautés, ainsi que des individus qui ont eu une action déterminante sur leur groupe, est proposée.

Toutes ces trames migratoires inscrites dans la trame québécoise, liant l’histoire nationale à l’histoire internationale, viennent attester, d’une certaine façon, que l’universel s’atteint par le particulier.

Cette publication est issue de la série de conférences Histoires d’immigrations présentées à la Grande Bibliothèque en 2012-2013 et résulte d’une collaboration entre Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), l’Université du Québec à Montréal, Télé-Québec et Canal Savoir. Les conférences, animées par la journaliste Dominique Poirier, sont accessibles en ligne sur le portail de BAnQ.

À propos des directeurs de l’ouvrage

Guy Berthiaume est bibliothécaire et archiviste du Canada, après avoir été président-directeur général de BAnQ de 2009 à 2014. Il a œuvré auparavant dans les domaines de l’administration de la recherche et du développement universitaire.

Claude Corbo a été professeur à l’Université du Québec à Montréal dès 1969 et en a été le recteur de 1986 à 1996 et de 2008 à 2013. Il est l’auteur de plusieurs monographies, rapports gouvernementaux et anthologies.

Sophie Montreuil est directrice de la recherche et de l’édition à Bibliothèque et Archives nationales du Québec et rédactrice en chef des deux périodiques institutionnels, À rayons ouverts et la Revue de BAnQ.

Histoires d’immigrations au Québec
Sous la direction de Guy Berthiaume, Claude Corbo et Sophie Montreuil
276 pages, ISBN 978-2-7605-4116-0
25.00$ (prix papier)
18.99$ (prix numérique)

Renseignements
Marie-Hélène Boucher
coordonnatrice aux communications
Presses de l’Université du Québec
418 657-4075, poste 244
marie-helene.boucher@puq.ca

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Tribune des auteurs

25 août 2014

Apprendre le code informatique, une clé pour s’approprier le monde numérique

Un billet de Serge Proulx

Notre vie quotidienne est aujourd’hui traversée par l’usage largement répandu de dispositifs numériques de plus en plus sophistiqués (téléphone intelligent permettant la connexion mobile permanente, ordinateur connecté en continu à Internet). La vie en société se rythme selon les élans des smartphones pourvus de multiples « applications » permettant à ces dispositifs techniques de s’infiltrer insidieusement dans les interstices de notre quotidienneté, suggérant par exemple le choix d’un restaurant de quartier ou repérant les « amis » présents dans l’environnement physique rapproché où nous nous trouvons pendant quelques heures. Nos réseaux de contacts coïncident chaque jour un peu plus avec notre répertoire d’« amis Facebook ». Chaque fois que nous cherchons de l’information, nous consultons d’abord le moteur de recherche Google, devenu le Manitou des temps modernes. Nos sociabilités se mesurent à l’aune des potentialités et des contraintes de ces dispositifs techniques d’information et de communication.

Dans quelle mesure sommes-nous devenus dépendants de ces dispositifs numériques? Ces derniers ont été inventés soi-disant pour favoriser notre libération à l’égard des tâches répétitives, pour nous donner plus de temps libre, pour ouvrir plus grands nos espaces d’expression, pour étendre nos réseaux sociaux. L’univers des dispositifs numériques transforme effectivement et de manière significative notre vie quotidienne. Mais, bien que ces moyens techniques puissent susciter une émancipation sociale (relative), ils sont aussi à la source d’une possible aliénation pour les individus et les groupes qui les utilisent. En même temps qu’ils offrent des fourchettes de nouvelles possibilités (d’action, d’expression, de communication et de création), ces dispositifs techniques imposent simultanément des contraintes aux personnes qui les utilisent.

La contribution en ligne

Serge Proulx est le co-directeur de l’ouvrage La contribution en ligne, maintenant disponible en librairie.

Les usagers se voient ainsi contraints de suivre des trajectoires logiques limitatives imposées par les codes et les algorithmes qui constituent l’architecture des dispositifs techniques. Cela est vrai pour l’ensemble des transactions quotidiennes que nous avons avec les administrations publiques et parapubliques. Les pratiques de consommation de biens et services, les pratiques de recherche d’information générale ou spécialisée et les pratiques de communication avec des proches ou au sein des groupes, communautés et organisations fréquentés au moyen des dispositifs numériques sont également régulées par ces trajectoires.

Dans un tel contexte, une meilleure connaissance du code informatique – et des algorithmes qui constituent l’architecture invisible des dispositifs numériques – s’avère un atout pour mieux vivre dans le monde numérique. Le code informatique est le langage utilisé par les programmeurs pour construire les programmes qui sont à la base du fonctionnement des ordinateurs et autres dispositifs numériques. A priori, le code est l’affaire d’ingénieurs et de professionnels en informatique. Mais il faut bien voir que les activités de programmation ont tendance aujourd’hui à s’élargir au-delà du cercle des programmeurs professionnels. Avec l’effervescence du mouvement du logiciel libre qui a contribué depuis les années 1990 à démocratiser l’appropriation de l’informatique, et aussi avec la commercialisation exponentielle des diverses « applications » informatiques qui fournissent des avenues inédites au fonctionnement des dispositifs numériques – notamment les téléphones intelligents –, les activités de programmation informatique se sont aujourd’hui étendues à des cercles beaucoup plus larges que ceux des seuls programmeurs professionnels.

Aux États-Unis, récemment (juillet 2014), dans le but d’encourager l’apprentissage du code auprès de populations jeunes qui ne sont pas nécessairement au fait de l’informatique, la National Science Foundation (NSF) a accordé une subvention à un consortium interdisciplinaire formé de chercheurs en provenance de trois laboratoires américains, pionniers dans la recherche sociale en matière de technologies numériques : le Media Lab (MIT), le Digital Media and Learning Research Hub (Université de Californie à Irvine) et le Berkman Center for Internet & Society (Université Harvard, <http://cyber.law.harvard.edu/node/9222>). Cette équipe postule que le codage informatique doit être aujourd’hui enseigné à tous les jeunes et non plus réservé à une élite de programmeurs. L’apprentissage du codage informatique constitue l’élément-clé du projet d’alphabétisation au monde numérique dans lequel nous sommes appelés à circuler. Pour réussir personnellement et professionnellement dans la société du tout-connecté, les jeunes de tous les milieux doivent apprendre à s’exprimer et à créer au moyen des technologies numériques. Pour ce faire, ils doivent apprendre à programmer de manière à pouvoir inventer les dispositifs numériques qui les aideront à réaliser leurs rêves.

Cette équipe de chercheurs s’appuie sur le langage de programmation Scratch, développé au MIT (<http://scratch.mit.edu/>), qui permet aux jeunes pratiquants de coder leurs propres récits interactifs, leurs propres jeux et animations. Les conditions d’apprentissage du code s’éloignent par conséquent d’une approche classique et scolaire. L’apprentissage se fait par expérimentations de micro-mondes inventés et développés à partir des passions et des intérêts personnels déjà présents chez les jeunes. L’apprentissage est d’autant plus facile et spectaculaire qu’il prolonge une passion qui était déjà là. Ainsi, par exemple, des jeunes intéressés par la danse pourront s’appuyer sur un micro-monde particulier permettant de programmer des rythmes musicaux et des mouvements chorégraphiques de personnages à l’écran.

À l’aide d’une série d’expérimentations avec le langage Scratch dans diverses bibliothèques de Los Angeles pendant l’été 2014, ces chercheurs se donnent pour objectif de pouvoir identifier les types de supports techniques et humains les mieux adaptés aux milieux socioéconomiques dont sont issus ces jeunes. L’équipe interdisciplinaire se montre également soucieuse de la dimension éthique en jeu dans de telles expérimentations : il apparaît en effet important de développer le cadre juridique et politique approprié pour préserver la sécurité en ligne des enfants autant qu’un certain niveau d’intimité lorsque cela s’avère nécessaire.

Dans la société hyperconnectée, l’apprentissage du code informatique par tous les citoyens et citoyennes – les jeunes autant que les plus vieux ! – constitue une clé pour acquérir un minimum de contrôle personnel et social sur l’environnement numérique qui nous envahit un peu plus chaque jour. Une manière, en somme, d’éviter l’aliénation et l’abêtissement du « tout-numérique ».

Serge Proulx est professeur titulaire à l’École des médias de l’Université du Québec à Montréal et professeur associé à Télécom ParisTech. Il est le directeur du Groupe de recherche et observatoire des usages et cultures médiatiques (GRM).

Tribune des auteurs

20 mai 2014

Responsabilités et violences envers les femmes

Katja Smedslund

Presque un tiers de toutes les femmes ayant eu une relation de couple y ont été confrontées; il s’agit de la première cause de mortalité chez les femmes âgées entre 19 à 44 ans dans le monde, devançant la guerre, le cancer et les accidents de la route.

De quelle pandémie parle-t-on ici?

Ces statistiques de l’Organisation mondiale de la santé (OMS, 2013) et du Conseil de l’Europe (COE, 2009) sur la violence conjugale sont aussi alarmantes que méconnues. Il est temps de responsabiliser tant collectivement qu’individuellement à propos de ce fléau qui touche de manière universelle de trop nombreuses femmes.

Des violences, des discriminations et des injustices envers les femmes continuent à être perpétrées dans un silence relatif, les médias et les journaux se limitant souvent à des mentions aussi réductrices et erronées que « drames passionnels ». Les violences conjugales ou les homicides conjugaux ne sont que rarement clairement nommés ou définis en tant que violences et tendent à être classés dans les faits divers, comme le démontre encore trop souvent le traitement journalistique notamment en France ou au Québec. De plus, même si certaines législations prennent davantage en considération les femmes victimes de violences, en instaurant notamment des définitions plus précises, elles demeurent souvent incomplètes ou pas assez précises selon les types de violences répertoriées. Que faire pour briser ce silence? Et comment expliquer qu’au XXIe siècle, autant de crimes demeurent impunis ou, pire, sont parfois légitimés par les gouvernements en place? Quelle est la part des responsabilités individuelles et collectives dans leur perpétuation? Comment redonner du sens et du poids à cet outil de conscientisation afin de renforcer la lutte contre les violences faites aux femmes?

Autant de questions qui se posent dans un contexte politique et social où différentes formes de violences se multiplient malgré les avertissements lancés par les Nations Unies et d’autres instances internationales appelant à responsabiliser les États, les pouvoirs en place ou les individus. Les Nations Unies avaient d’ailleurs défini le rôle des États dès 1995, lors de la conférence de Pékin, en rappelant que la responsabilité des États est engagée relativement aux actes de violence par des agents publics ou privés au cas où ces derniers ne prendraient pas de mesures rapides pour prévenir la violation des droits, pour enquêter, punir et fournir une aide aux victimes (Nations Unies, 1995).

Responsabilités et violences envers les femmes

Katja Smedslund est codirectrice de l’ouvrage Responsabilités et violences envers les femmes, paru le 30 avril 2014.

Nombreux sont également les organismes de défense des droits humains ou des droits des femmes qui pointent les aberrations existant dans les textes officiels ou les pratiques. La Cour d’appel de l’Ontario dans la cause Bedford rappelle la dangerosité de la prostitution dans presque toutes les circonstances et le Parlement de l’Union européenne recommande l’adoption du modèle nordique criminalisant les clients et les proxénètes et pourtant l’achat de prostitution demeure une activité non sanctionnée légalement au Canada comme dans plusieurs autres pays du monde. Par ailleurs, le Conseil du statut de la femme (CSF) s’insurge notamment depuis quelques temps contre une modification du guide de pratique de la Société des obstétriciens gynécologues du Canada (SOGC), qui laisse une possibilité à la pratique de la réinfibulation vaginale. Le CSF rappelle ainsi qu’aucune violence ne peut être perpétrée au nom de l’honneur ou de quelque différence culturelle que ce soit. Plusieurs exemples dans l’actualité internationale récente illustrent aussi les défaillances et les lacunes des instances étatiques, révélant au passage le caractère universel du phénomène. En effet, tout récemment, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, condamnait l’enlèvement des écolières au Nigeria par le groupe islamiste Boko Haram au nom du refus de l’éducation à l’occidentale, et appelait à une libération immédiate des filles dans l’État de Borno, situé dans le nord-est du pays. Que penser du projet de loi visant à légaliser la pédophilie en plaçant l’âge de mariage des jeunes filles à 9 ans en Irak, tout en autorisant le viol conjugal? Des organisations de défense des droits des femmes se mobilisent contre ce texte qui représente selon ces dernières «un crime contre l’humanité». Par ailleurs, la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) tire la sonnette d’alarme en pointant le nombre d’agressions sexuelles en public dont sont victimes les militantes en Égypte. Des violences sur lesquelles les gouvernements ferment les yeux, évinçant ainsi les femmes des débats publics et politiques.

Alors, malgré le sens puissant qui émane du concept des responsabilités et bien que l’on fasse souvent appel aux responsabilités lors de discours officiels, étatiques ou sociaux référant aux violences faites aux femmes, un investissement insuffisant sur le terrain, des mesures inadéquates ou même parfois contraires aux droits humains les plus fondamentaux ne permettent pas toujours de répondre aux besoins réels des femmes victimes de violences. La faible application des lois, les lacunes en matière de suivi des politiques et les contradictions entre certaines législations rappellent que les violences faites aux femmes demeurent un thème peu prioritaire et que les moyens alloués sont donc par conséquent souvent insuffisants.

Certaines avancées méritent toutefois que l’on s’y attarde. La Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, adoptée le 11 mai 2011 à Istanbul par le Conseil de l’Europe, prévoit de protéger les femmes contre plusieurs formes de violence. C’est le premier instrument européen juridiquement contraignant, offrant un cadre juridique complet pour la prévention de la violence et la protection des victimes, avec comme objectif de mettre fin à l’impunité des auteurs de violences. La convention établit un mécanisme de suivi précis (le GREVIO) afin d’assurer la mise en œuvre effective et responsable de ses dispositions par les États l’ayant ratifiée. Ce type de mesures ouvre la voie à d’autres initiatives et progrès au bénéfice des femmes victimes de violences dans le monde.

Bibliographie

Nations Unies (1995). Rapport de la 4e Conférence mondiale sur les femmes, Conférence de Pékin : Conférence mondiale des Nations Unies sur la Femme, Plate-forme d’action de Beijing et Déclaration de Beijing, New York, Département de la coordination des politiques et du développement durable des Nations Unies.

Conseil de l’Europe (2009). Sandra Barnes : «J’exhorte toutes les collectivités territoriales à s’engager dans la lutte contre la violence à l’égard des femmes», <https://wcd.coe.int/ViewDoc.jsp?id=1543829&Site=DC>, consulté le 12 avril 2014

Organisation mondiale de la Santé (2013). Estimations mondiales et régionales de la violence à l’encontre des femmes : prévalence et conséquences sur la santé de la violence du partenaire intime et de la violence sexuelle exercée par d’autres que le partenaire, <http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/85242/1/WHO_RHR_HRP_13.06_fre.pdf>, consulté le 1er avril 2014.

Katja Smedslund, docteure en histoire contemporaine (mention politiques européennes), mène des recherches depuis une dizaine d’années sur les violences faites aux femmes sur les plans sociologique, politique et historique. Sa thèse portait plus particulièrement sur les violences conjugales en Europe.

Tribune des auteurs

12 mai 2014

Autisme et déficience intellectuelle : un défi au-delà du malaise

Pauline Beaupré

Autisme et déficience intellectuelle à l’école : malaise ou défi?

Quand on parle d’autisme ou de déficience intellectuelle, en classe spéciale ou à l’école ordinaire, c’est souvent source de malaise ou de véritable crainte chez les acteurs impliqués. Soit les personnes ne s’estiment pas suffisamment compétentes pour intervenir auprès desdits enfants, soit elles craignent de laisser de côté les autres enfants si elles investissent trop de temps auprès de l’enfant différent. Elles peuvent aussi avoir peur, souvent à juste titre, de manquer de temps pour tout faire dans leur travail et, il faut bien l’avouer, elles peuvent redouter de s’épuiser à la tâche. Cela représente une partie des réalités bien concrètes de ce qui se passe dans certains milieux scolaires où sont présents des enfants ayant une déficience intellectuelle ou un trouble de l’autisme.

Pauline Beaupré est également l'auteure de l'ouvrage Déficience intellectuelle et autisme, en librairie le 7 mai 2014.

Pauline Beaupré est également l’auteure de l’ouvrage Déficience intellectuelle et autisme, en librairie le 7 mai 2014.

Des pas importants parcourus

Il y a déjà plus de vingt ans, débutaient les questionnements sur les meilleures conditions à mettre en place pour soutenir les milieux scolaires. On parlait alors davantage d’intégration scolaire. Des pas importants se sont faits depuis au Québec. Le concept d’inclusion de tous les élèves, à l’école ordinaire, a gagné graduellement du terrain et ne représente pas uniquement un simple cas d’exception. Cela est notamment dû au fait que, derrière chaque bout de terrain gagné, il y a des parents dévoués à la réussite de leur enfant, soucieux de faire abattre des préjugés, souvent même s’il faut recommencer année après année. Cette inclusion serait également impossible sans l’apport d’intervenants et de gestionnaires croyant au potentiel des enfants handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage.

Des réponses à des besoins bien précis des enfants

On craint souvent de ne pas pouvoir bien adapter son enseignement pour répondre aux besoins de l’enfant ayant une déficience intellectuelle. On anticipe le temps que cela prendra. On se demande ce qu’il va apprendre en classe, surtout lorsque s’agrandira l’écart d’âge et de niveau de développement. Pourtant, nombre d’enseignants veulent relever ce défi.

Lorsqu’un intervenant a dans sa classe un enfant ayant reçu un diagnostic de trouble du spectre de l’autisme, son dilemme se situe souvent à essayer de comprendre le fonctionnement interne de cet enfant. Il vit parfois des craintes par rapport à ses réactions excessives, telles des colères inattendues.

Antérieurement, lorsqu’on parlait d’inclusion d’enfants autistes ou ayant une déficience intellectuelle en classe ordinaire, cela ne se faisait pas sans l’ajout, quasi systématique, d’une ressource d’accompagnement, du moins à temps partiel. Bien qu’ayant l’avantage de soutenir les apprentissages de certains enfants et de sécuriser, il faut bien le dire, certains intervenants, cela créait parfois une forme de ghetto autour de l’enfant. L’inclusion de l’enfant avec ses compagnons de classe n’en était souvent pas véritablement une.

Sans rejeter ces façons de faire, ces expériences ont amené à réfléchir à de nouvelles pratiques.

Et que nous apportera l’avenir?

Pour ne pas devoir revenir en arrière et refaire les démarches menant vers la cause de la participation sociale de tous, il faut mettre en commun les connaissances et partager les expertises. De bonnes idées expérimentées dans un milieu peuvent servir à un autre. Cela est d’autant plus important dans un contexte où la nouvelle classification des élèves s’installe, laquelle est issue du DSM-V (2013). Ainsi, on parle davantage de la présence en classe ordinaire de certains types d’enfants – que l’on pense aux enfants dyspraxiques, entre autres. Le milieu scolaire est également préoccupé par l’éventuelle augmentation du nombre d’élèves présentant un trouble du spectre de l’autisme, par exemple. Ces enfants, qui ont reçu une intervention intensive précoce, se retrouvent maintenant de plus en plus en classe ordinaire au primaire, au secondaire et même au postsecondaire. Les milieux scolaires sont-ils prêts à les accueillir? Sont-ils suffisamment outillés pour soutenir un changement dans leurs pratiques professionnelles? Sont-ils informés des retombées de certaines pratiques novatrices?

Pauline Beaupré, Ph. D., est psychologue et psychopédagogue. Professeure au Département des sciences de l’éducation de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) – Campus de Lévis, elle est aussi chercheure au Centre interdisciplinaire de recherche en réadaptation et intégration sociale (CIRRIS) et membre du Laboratoire de recherche sur la santé en région (LASER).