Blogue des PUQ

Événements

19 juin 2015

Grands changements et administration publique

Les Presses de l’Université du Québec (PUQ) et l’École nationale d’administration publique (ENAP) vous invitent à une table ronde sur la question des grands changements et de l’administration publique. L’animation sera assurée par Madame Josée Boileau, rédactrice en chef du quotidien Le Devoir.

L’événement se tiendra le 17 septembre prochain à l’amphithéâtre de l’ENAP à Québec, dès 17 h.

Vous souhaitez y assister? Cliquez ici.

Événements

30 mars 2015

Salon international du livre de Québec 2015

 

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L’édition 2015 du Salon international du livre du Québec débute le 8 avril prochain.

Passez nous voir! Nous serons au stand 96.

Venez également rencontrer nos auteurs

Dimanche le 12 avril
Pierre Anctil et Simon Jacobs, directeurs du livre
Les Juifs de Québec. Quatre cents ans d’histoire
de 13h à 14h, au stand 96.

Annonce

11 mars 2015

Les lauréates des bourses d’excellence des PUQ













Les Presses de l’Université du Québec sont heureuses de remettre deux premières bourses d’excellence à

Evelyne Arsenault, étudiante à la maîtrise en géographie à l’UQAR
Titre du projet : « Bilan sédimentaire et analyse de facteurs influençant l’occurrence d’épisodes d’érosion et de submersion côtière près de Matane (Québec) »

et

Maxine Boudreau, étudiante au doctorat combiné en psychologie (Ph. D.) d’approche cognitivo-comportementale à l’UQAM
Titre du projet : « La réactivité bronchique aux tests de provocation respiratoire à la méthacholine et au dioxyde de carbone chez les patients asthmatiques avec et sans trouble panique »

Chacune des lauréates a reçu une bourse de 5 000$. La remise officielle des bourses se déroulera à l’ACFAS, au mois de mai 2015.

Toutes nos félicitations aux lauréates!

 

Les bourses d’excellence des PUQ

Vous êtes inscrit aux cycles supérieurs dans l’un des établissements du réseau de l’Université du Québec? Informez-vous sur nos bourses d’excellence et visitez le site de la Fondation de l’Université du Québec pour en savoir plus sur la façon de soumettre votre candidature.

L'univers du livre numérique, Monde de l'édition

9 mars 2015

La production du livre papier et du livre numérique : quelles différences?

Icone numNous le disions dans notre précédent billet, un livre numérique ne se réalise pas un en seul clic. Comment penser un PDF multiplateforme afin d’optimiser l’expérience du lecteur? La version numérique d’un livre papier demande-t-elle un traitement particulier? Quelles ressources sont mobilisées au sein d’une équipe de production lors de la création d’un livre numérique? Livre papier ou livre numérique enrichi, peu importe les étapes de production, le mot d’ordre reste le même : qualité! Le livre numérique demande néanmoins un autre genre de contrôle et d’autres étapes de production. Nadine Elsliger, directrice de production des Presses de l’Université du Québec, répond à quelques questions sur le sujet.

En quoi consiste la conversion d’un livre papier en un livre numérique?

Il y a quelques questions à se poser lors de la conversion d’un livre papier en un livre numérique. L’un de nos formats proposés, le PDF, ne cause habituellement pas de problème : c’est la plupart du temps le même fichier que celui envoyé pour impression, dans lequel nous rendons interactifs la table des matières et les liens Web dans l’ouvrage.

La conversion numérique d’un ouvrage papier peut-elle être « délicate » pour certains types de livre? Pourquoi?

En effet, la conversion en format ePub demande plus de réflexion, car les livres avec une mise en pages plus complexe (ou avec des formules mathématiques, par exemple) demandent beaucoup de travail de programmation pour rester esthétiques dans le format ePub, et donnent malgré cela des résultats parfois décevants. Nous prenons alors la décision de ne pas offrir ce format à nos lecteurs.

Quels sont les étapes de conceptualisation d’un PDF multiplateforme? Est-ce nécessairement le contenu qui détermine la forme?

Lorsqu’un auteur désire que son ouvrage soit uniquement électronique, nous pouvons décider de lui proposer le PDF multiplateforme comme solution à ses besoins. Évidemment, le manuscrit doit contenir du matériel qui exige ce type de livre. Il peut s’agir de vidéos, de segments audio, d’animations, de cases à répondre, d’un grand nombre d’images en couleurs, d’un manuscrit extrêmement volumineux, de références Web essentielles, etc. À la réception du manuscrit, nous avons quelques tâches supplémentaires concernant la validation de la qualité du matériel numérique. Par la suite, le manuscrit suit à peu près le parcours de production du livre papier, mais demande toujours un peu plus de temps, car le côté graphique de ces ouvrages et, la plupart du temps, leur nombre de pages exigent de notre part de plus nombreuses vérifications. Cela prend donc un engagement très grand de la part des auteurs, et souvent une équipe multimédia autour d’eux qui pourra, le cas échéant, nous fournir le matériel interactif en bonne résolution dont nous avons besoin dans des délais très courts.

Quels sont les principaux défis de la production d’un PDF multiplateforme?

Les principaux défis, du côté de la production, sont de bien saisir ce que l’auteur désire, de lui proposer l’interactivité souhaitable pour le plus grand public possible, et de structurer son ouvrage selon la logique d’un document numérique. Beaucoup de solutions existent déjà dans la réalisation de PDF multiplateformes, mais peu s’adressent à ce que nous devrons produire réellement, car notre obligation de viser le plus grand public cible possible exige que nous réduisions l’interactivité à ce que toutes les plateformes peuvent lire. Trop de formats (propriétaires ou non) existent encore (un peu comme au moment de la guerre des formats VHS et Beta!), et la mission des PUQ demande que chaque étudiant, chercheur, professeur puisse lire nos ouvrages, peu importe quel appareil il utilise.

La production du livre numérique présente divers défis, qui, en corrélation avec l’évolution des technologies de lecture, sont en constant changement. Les étapes qui suivent la production soulèvent également leurs lots de questions. On peut penser à la distribution et à la diffusion du livre numérique, par exemple. Ce sera le sujet de notre prochain billet.

 

Pour en savoir plus sur la conception et l’utilisation du livre numérique universitaire

Une collaboration entre l’Université du Québec, le Fonds de développement académique du réseau (FODAR) ainsi que les Presses de l’Université du Québec a permis la création du livre numérique gratuit Guide de conception et d’utilisation du manuel numérique universitaire.

Destiné aux enseignants qui souhaitent publier un livre numérique universitaire, ce guide vise à faciliter la conception de ce type d’ouvrages, du premier brouillon jusqu’à sa production finale. Un historique du livre numérique est d’abord proposé, de même qu’une description des composantes essentielles au manuel numérique. L’ouvrage se consacre ensuite à l’édition numérique en elle-même : les différentes tâches à accomplir, la structure à privilégier, les règles de conception graphique à respecter, les éléments multimédias et interactifs à intégrer, les formats à considérer, etc.

L'univers du livre numérique, Monde de l'édition

4 février 2015

Le livre numérique, une simple reproduction à l’écran du livre papier?

Un livre reste fondamentalement un livre : un assemblage de signes destinés à être lus. Cela ne signifie pas pour autant qu’il faut banaliser le livre numérique ; en effet, ce dernier se distingue de son acolyte en papier et demande ainsi une redéfinition de ses étapes de production. Ce billet a pour objectif de décrire les différentes natures du livre numérique et de distinguer les supports numériques sur lesquels on peut les consulter.

La nature du produit

On peut attribuer deux natures au livre numérique. La première, dite homothétique, consiste en la version numérique d’un livre papier. En d’autres termes, c’est une reproduction à l’identique du livre papier sur un support numérique, généralement en format PDF ou ePub.

La différence entre le format PDF et le format ePub réside essentiellement dans la manière dont la mise en page du livre est « générée ». Dans un PDF, la mise en page du livre est fixe et ne se modifie pas, peu importe sur quel support on le lit (ordinateur, tablette, liseuse ou iPhone). La mise en page du livre en ePub est quant à elle fluide et s’adapte facilement à l’écran de lecture. On peut, entre autres, modifier la taille et la police de caractères, ce qui rend la lecture plus agréable sur un iPhone par exemple. Toutefois, la mise en page modifiée entraîne forcément des changements dans la pagination, ce qui implique un ajustement dans les usages. Par exemple, un professeur devra orienter ses étudiants en les référant aux sections d’un texte plutôt qu’en utilisant des numéros de pages. Il faut aussi noter que l’ePub est généralement privilégié pour un texte ne contenant pas ou que très peu d’images, puisque celles-ci entraînent des ruptures peu harmonieuses dans l’affichage du texte. Le format PDF ne présente pas ces problèmes, mais est plus statique et restreint à une façon de lire plus « rigide ». Une courte vidéo trouvée sur YouTube nous permet de visualiser aisément les différences entre ces deux formats.

Ainsi le lecteur peut choisir quel format du livre se procurer en fonction du support de lecture dont il dispose (ordinateur, tablette, liseuse, téléphone intelligent). Toutefois, on s’en doute, le livre numérique offre un plus large éventail de possibilités du point de vue de l’intégration de contenu complémentaire comparativement à la version papier.

Un contenu qui va au-delà du texte

Icone numLa seconde nature du livre numérique est purement… numérique! En effet, plusieurs livres numériques enrichis ne sont conçus que pour être lus sur une tablette, une liseuse, un téléphone intelligent ou un ordinateur. Ce type de livres n’est pas imprimé et n’est pas conçu pour le support papier. Pourquoi? Parce qu’ils permettent aux auteurs non seulement d’inviter les lecteurs à consulter tel site Internet ou telle vidéo, mais d’intégrer ces éléments à la lecture. Hyperliens, bandes sonores, musique, boîtes de saisie de texte, etc. : un grand nombre d’éléments peuvent permettre de créer un livre au contenu enrichi, dynamique et parfois interactif, que l’on nomme PDF multiplateforme ou enrichi.

Depuis quelques années, les Presses de l’Université du Québec (PUQ) ont publié quelques livres enrichis. Le manuel de cours bénéficie grandement du format PDF multiplateforme pour la démonstration de matière technique par le biais de vidéos (pour montrer une intervention pratique dans un contexte précis, par exemple) et pour la saisie de texte par le lecteur (pour répondre à des questions, entre autres). Récemment paru aux PUQ, le PDF multiplateforme Introduction à la gestion des opérations comporte ces commodités. Un grand nombre d’éléments interactifs et médiatiques ponctuent l’ouvrage et de nombreux liens permettent d’accéder à des contenus complémentaires disponibles sur le Web.

Qu’il consiste en la reproduction à l’écran d’un livre papier ou qu’il soit uniquement accessible sur support électronique, le livre numérique change incontestablement les habitudes du lecteur et, plus encore, exige que l’éditeur repense les étapes de production.

En effet, il faut savoir que la production de la version numérique d’un livre papier ne se réalise pas en un clic. Plusieurs étapes de production et de distribution s’ajoutent afin d’optimiser l’expérience du lecteur. Nous aborderons ces questions dans un prochain billet.

Annonce

9 décembre 2014

Les bourses d’excellence des PUQ

Bourses d'excellence des PUQ

En 2015, le concours Chercheur-auteur de la relève laisse la place à la remise de deux bourses d’excellence d’une valeur de 5 000 $ chacune.

Objectif des bourses

Ces bourses ont pour but de soutenir les étudiants aux cycles supérieurs et de les encourager à viser l’excellence scolaire et à contribuer à l’avancement de la recherche pendant la réalisation de leur mémoire ou de leur thèse. Ces bourses aident également la préparation des étudiants à l’exercice de la publication universitaire, pratique incontournable dans le monde de la recherche.

Dossier d’excellence

Les étudiants qui poseront leur candidature pour la bourse des PUQ devront, parmi les documents à fournir via la plateforme de la Fondation de l’Université du Québec, soumettre un texte de deux pages expliquant pourquoi leur recherche pourrait faire l’objet d’une publication, en quoi cette publication se démarquerait et à quel public elle s’adresserait. Ils doivent également soumettre un texte de quatrième de couverture.

Les lauréats seront ceux qui afficheront le meilleur dossier scolaire accompagné du projet le plus convaincant.

Critère d’admissibilité et règles d’utilisation

Au moment de l’obtention de sa bourse, l’étudiant doit être inscrit à temps complet à un programme de maîtrise ou de doctorat dans une des universités du réseau de l’Université du Québec et doit prévoir continuer le projet pour lequel la bourse a été obtenue.

Constitution du dossier de candidature

L’étudiant doit se rendre sur le site de la Fondation de l’Université du Québec et suivre les indications fournies dans la section « Préparer sa demande en 4 étapes! ». Il doit joindre aux formulaires requis les deux documents suivants :

1) un texte de deux pages expliquant pourquoi sa recherche pourrait faire l’objet d’une publication et en quoi cette dernière s’arrimerait à la mission des PUQ, qui est de mettre en œuvre des projets d’édition favorisant une meilleure diffusion des connaissances. Le projet doit ainsi se distinguer par sa clarté et son accessibilité, quel que soit le sujet traité. Le projet de publication doit également présenter un potentiel de rayonnement dans la discipline s’y rattachant ;

2) un texte de quatrième de couverture de l’éventuel livre issu de la recherche dans lequel se dégage la clarté et l’accessibilité du propos.

Les dossiers incomplets ne seront pas transmis aux comités de sélection.

La date limite du concours est le 1er février 2015.

Langue de présentation du dossier de candidature

Toutes les pièces du dossier doivent être rédigées en français.

Critères de sélection

– Excellence du dossier scolaire.
– Pertinence du projet par rapport à la mission des PUQ, qui est de mettre en œuvre des projets d’édition favorisant une meilleure diffusion des connaissances.
– Clarté et accessibilité du sujet traité.
– Potentiel de rayonnement du projet de publication dans la discipline s’y rattachant.
– Qualité scientifique et rigueur de la recherche.

Mode de sélection

L’examen des dossiers sera assuré par les membres du jury qui attribuent les bourses.

Événements

4 novembre 2014

Salon du livre de Montréal 2014

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Les PUQ seront au Salon du livre de Montréal, qui se déroule du 19 au 24 novembre, à la Place Bonaventure.

Passez nous voir au stand 300 sous le chapiteau Prologue.

Au plaisir de vous y rencontrer!

Un plan des lieux est disponible ici.

 

Activité au Salon du livre de Montréal 2014

Les PUQ sont heureuses de vous convier à la table ronde
« Les défis québécois – Réfléchir à ce Québec que nous devons renouveler collectivement ».

Robert Bernier, directeur du livre Les défis québécois, et quelques collaborateurs à cet ouvrage, dont Isabelle Lacroix, Marcelin Joanis, Jean-Louis Denis et Yves Boisvert, réfléchissent à ce Québec que nous devons renouveler et tentent de comprendre comment rompre avec certains automatismes qui ont conduit à l’essoufflement de nos services publics. Animation : Christian Dufour

Date : Samedi 22 novembre 2014
Lieu : Salon du livre de Montréal, Place Bonaventure, Espace Archambault
Heure : 17h30 à 18h15

À propos du livre Les défis québécois
Nous invitant à réfléchir à ce Québec que nous devons renouveler collectivement, cet ouvrage présente des analyses et des recommandations en matière d’administration publique, d’économie et de société. On y traite de la gestion et de la budgétisation de l’État, de la dette publique et de la fiscalité, mais aussi d’éducation, de santé, d’éthique, d’environnement, d’innovation technologique, d’ordre public, de soutien agricole, de politique internationale, d’immigration, etc.

Plus d’informations concernant les frais d’admission au Salon du livre de Montréal et le lieu de l’événement sont disponibles ici.

Monde de l'édition

15 octobre 2014

Le roman Le harpon du chasseur traduit en hindi et en marathi

Texte de Jean-François Ducharme tiré du site Actualités UQAM

3088-CouvertDes millions d’Indiens auront bientôt accès à un roman phare de la culture du Grand Nord québécois. Vidya Vencatesen, directrice du Département de français de l’Université de Mumbai, en Inde, fera traduire un roman inuit dans deux langues indiennes, le hindi – la langue la plus parlée avec 460 millions de locuteurs – et le Marathi – parlée par 72 millions de personnes.

Ce livre, Le harpon du chasseur, écrit en 1969 par Markoosie, est en fait le premier roman inuit au Canada. En 2011, les Presses de l’Université du Québec ont fait traduire ce livre en français en y ajoutant une introduction de Daniel Chartier, professeur au Département d’études littéraires et directeur du Laboratoire international d’étude multidisciplinaire comparée des représentations du Nord. Vidya Vencatesen a pris connaissance de ce roman en 2013, lors d’une visite au Centre de recherche sur la littérature et la culture québécoises (CRILCQ) de l’UQAM, dirigé à l’époque par Daniel Chartier.

L’article complet est disponible sur le site Actualités UQAM.

Communiqués

1 octobre 2014

Parution du livre Histoires d’immigrations au Québec – Sous la direction de Guy Berthiaume, Claude Corbo et Sophie Montreuil

Histoires d'immigrations au Québec

QUÉBEC, le 1er oct. 2014 – Afin d’inscrire les nouveaux arrivants dans notre mémoire collective, 14 histoires s’enchaînent selon les grandes vagues d’immigration qui ont transformé le tissu humain du Québec, du milieu du XIXe siècle à nos jours.

Partez à la rencontre de 14 communautés culturelles – écossaise, irlandaise, italienne, juive yiddishophone, polonaise, juive sépharade, grecque, portugaise, haïtienne, latino-américaine, asiatique du Sud-Est, libanaise, subsaharienne et maghrébine – qui ont construit le Québec, et Montréal en particulier. Chaque récit historique est accompagné d’extraits du témoignage d’un membre de la communauté concernée, dont l’ancien premier ministre Pierre Marc Johnson et les artistes Kim Thúy, Bernard Adamus et Lynda Thalie. Pour rendre le portrait encore plus vivant, une riche iconographie des quartiers et des édifices où se sont rassemblées les communautés, ainsi que des individus qui ont eu une action déterminante sur leur groupe, est proposée.

Toutes ces trames migratoires inscrites dans la trame québécoise, liant l’histoire nationale à l’histoire internationale, viennent attester, d’une certaine façon, que l’universel s’atteint par le particulier.

Cette publication est issue de la série de conférences Histoires d’immigrations présentées à la Grande Bibliothèque en 2012-2013 et résulte d’une collaboration entre Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), l’Université du Québec à Montréal, Télé-Québec et Canal Savoir. Les conférences, animées par la journaliste Dominique Poirier, sont accessibles en ligne sur le portail de BAnQ.

À propos des directeurs de l’ouvrage

Guy Berthiaume est bibliothécaire et archiviste du Canada, après avoir été président-directeur général de BAnQ de 2009 à 2014. Il a œuvré auparavant dans les domaines de l’administration de la recherche et du développement universitaire.

Claude Corbo a été professeur à l’Université du Québec à Montréal dès 1969 et en a été le recteur de 1986 à 1996 et de 2008 à 2013. Il est l’auteur de plusieurs monographies, rapports gouvernementaux et anthologies.

Sophie Montreuil est directrice de la recherche et de l’édition à Bibliothèque et Archives nationales du Québec et rédactrice en chef des deux périodiques institutionnels, À rayons ouverts et la Revue de BAnQ.

Histoires d’immigrations au Québec
Sous la direction de Guy Berthiaume, Claude Corbo et Sophie Montreuil
276 pages, ISBN 978-2-7605-4116-0
25.00$ (prix papier)
18.99$ (prix numérique)

Renseignements
Marie-Hélène Boucher
coordonnatrice aux communications
Presses de l’Université du Québec
418 657-4075, poste 244
marie-helene.boucher@puq.ca

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Tribune des auteurs

25 août 2014

Apprendre le code informatique, une clé pour s’approprier le monde numérique

Un billet de Serge Proulx

Notre vie quotidienne est aujourd’hui traversée par l’usage largement répandu de dispositifs numériques de plus en plus sophistiqués (téléphone intelligent permettant la connexion mobile permanente, ordinateur connecté en continu à Internet). La vie en société se rythme selon les élans des smartphones pourvus de multiples « applications » permettant à ces dispositifs techniques de s’infiltrer insidieusement dans les interstices de notre quotidienneté, suggérant par exemple le choix d’un restaurant de quartier ou repérant les « amis » présents dans l’environnement physique rapproché où nous nous trouvons pendant quelques heures. Nos réseaux de contacts coïncident chaque jour un peu plus avec notre répertoire d’« amis Facebook ». Chaque fois que nous cherchons de l’information, nous consultons d’abord le moteur de recherche Google, devenu le Manitou des temps modernes. Nos sociabilités se mesurent à l’aune des potentialités et des contraintes de ces dispositifs techniques d’information et de communication.

Dans quelle mesure sommes-nous devenus dépendants de ces dispositifs numériques? Ces derniers ont été inventés soi-disant pour favoriser notre libération à l’égard des tâches répétitives, pour nous donner plus de temps libre, pour ouvrir plus grands nos espaces d’expression, pour étendre nos réseaux sociaux. L’univers des dispositifs numériques transforme effectivement et de manière significative notre vie quotidienne. Mais, bien que ces moyens techniques puissent susciter une émancipation sociale (relative), ils sont aussi à la source d’une possible aliénation pour les individus et les groupes qui les utilisent. En même temps qu’ils offrent des fourchettes de nouvelles possibilités (d’action, d’expression, de communication et de création), ces dispositifs techniques imposent simultanément des contraintes aux personnes qui les utilisent.

La contribution en ligne

Serge Proulx est le co-directeur de l’ouvrage La contribution en ligne, maintenant disponible en librairie.

Les usagers se voient ainsi contraints de suivre des trajectoires logiques limitatives imposées par les codes et les algorithmes qui constituent l’architecture des dispositifs techniques. Cela est vrai pour l’ensemble des transactions quotidiennes que nous avons avec les administrations publiques et parapubliques. Les pratiques de consommation de biens et services, les pratiques de recherche d’information générale ou spécialisée et les pratiques de communication avec des proches ou au sein des groupes, communautés et organisations fréquentés au moyen des dispositifs numériques sont également régulées par ces trajectoires.

Dans un tel contexte, une meilleure connaissance du code informatique – et des algorithmes qui constituent l’architecture invisible des dispositifs numériques – s’avère un atout pour mieux vivre dans le monde numérique. Le code informatique est le langage utilisé par les programmeurs pour construire les programmes qui sont à la base du fonctionnement des ordinateurs et autres dispositifs numériques. A priori, le code est l’affaire d’ingénieurs et de professionnels en informatique. Mais il faut bien voir que les activités de programmation ont tendance aujourd’hui à s’élargir au-delà du cercle des programmeurs professionnels. Avec l’effervescence du mouvement du logiciel libre qui a contribué depuis les années 1990 à démocratiser l’appropriation de l’informatique, et aussi avec la commercialisation exponentielle des diverses « applications » informatiques qui fournissent des avenues inédites au fonctionnement des dispositifs numériques – notamment les téléphones intelligents –, les activités de programmation informatique se sont aujourd’hui étendues à des cercles beaucoup plus larges que ceux des seuls programmeurs professionnels.

Aux États-Unis, récemment (juillet 2014), dans le but d’encourager l’apprentissage du code auprès de populations jeunes qui ne sont pas nécessairement au fait de l’informatique, la National Science Foundation (NSF) a accordé une subvention à un consortium interdisciplinaire formé de chercheurs en provenance de trois laboratoires américains, pionniers dans la recherche sociale en matière de technologies numériques : le Media Lab (MIT), le Digital Media and Learning Research Hub (Université de Californie à Irvine) et le Berkman Center for Internet & Society (Université Harvard, <http://cyber.law.harvard.edu/node/9222>). Cette équipe postule que le codage informatique doit être aujourd’hui enseigné à tous les jeunes et non plus réservé à une élite de programmeurs. L’apprentissage du codage informatique constitue l’élément-clé du projet d’alphabétisation au monde numérique dans lequel nous sommes appelés à circuler. Pour réussir personnellement et professionnellement dans la société du tout-connecté, les jeunes de tous les milieux doivent apprendre à s’exprimer et à créer au moyen des technologies numériques. Pour ce faire, ils doivent apprendre à programmer de manière à pouvoir inventer les dispositifs numériques qui les aideront à réaliser leurs rêves.

Cette équipe de chercheurs s’appuie sur le langage de programmation Scratch, développé au MIT (<http://scratch.mit.edu/>), qui permet aux jeunes pratiquants de coder leurs propres récits interactifs, leurs propres jeux et animations. Les conditions d’apprentissage du code s’éloignent par conséquent d’une approche classique et scolaire. L’apprentissage se fait par expérimentations de micro-mondes inventés et développés à partir des passions et des intérêts personnels déjà présents chez les jeunes. L’apprentissage est d’autant plus facile et spectaculaire qu’il prolonge une passion qui était déjà là. Ainsi, par exemple, des jeunes intéressés par la danse pourront s’appuyer sur un micro-monde particulier permettant de programmer des rythmes musicaux et des mouvements chorégraphiques de personnages à l’écran.

À l’aide d’une série d’expérimentations avec le langage Scratch dans diverses bibliothèques de Los Angeles pendant l’été 2014, ces chercheurs se donnent pour objectif de pouvoir identifier les types de supports techniques et humains les mieux adaptés aux milieux socioéconomiques dont sont issus ces jeunes. L’équipe interdisciplinaire se montre également soucieuse de la dimension éthique en jeu dans de telles expérimentations : il apparaît en effet important de développer le cadre juridique et politique approprié pour préserver la sécurité en ligne des enfants autant qu’un certain niveau d’intimité lorsque cela s’avère nécessaire.

Dans la société hyperconnectée, l’apprentissage du code informatique par tous les citoyens et citoyennes – les jeunes autant que les plus vieux ! – constitue une clé pour acquérir un minimum de contrôle personnel et social sur l’environnement numérique qui nous envahit un peu plus chaque jour. Une manière, en somme, d’éviter l’aliénation et l’abêtissement du « tout-numérique ».

Serge Proulx est professeur titulaire à l’École des médias de l’Université du Québec à Montréal et professeur associé à Télécom ParisTech. Il est le directeur du Groupe de recherche et observatoire des usages et cultures médiatiques (GRM).